« Une portée, juste pour le plaisir! »
- Union des éleveurs félins du Québec
- 10 mai
- 3 min de lecture
Vous avez adopté une magnifique femelle Bengal et l’idée vous traverse l’esprit : et si elle avait une portée, juste une fois ou deux juste pour le plaisir de voir naître des chatons. Beaucoup de propriétaires y pensent. Mais derrière cette idée, souvent perçue comme simple et naturelle, se cache une réalité beaucoup plus complexe. La reproduction féline ne se résume pas à «laisser faire la nature».

Êtes-vous prêt à exposer votre chatte aux risques associés à la reproduction ?
• Maladies : En la mettant en contact avec un mâle, vous l’exposez à des virus et parasites potentiellement graves. Pensons notamment aux parasites intestinaux (responsables de diarrhées persistantes et difficiles à éliminer), aux infections fongiques comme la teigne, ainsi qu’à des virus tels que la leucémie féline, le sida félin, la chlamydia et le calicivirus.
• Stress important : L’emmener dans un nouvel environnement (odeurs, personnes, territoire inconnu) est très stressant. De plus, un mâle inconnu peut se montrer agressif, tout comme la femelle. Il n’est pas rare qu’une chatte ait besoin de plusieurs mois pour se sentir en sécurité avant d’accepter un mâle.
• Pyomètre : Une chatte non stérilisée peut développer une infection utérine grave, nécessitant une intervention d’urgence et pouvant être fatale.
• Complications à la mise bas : Contrairement à l’expression « accoucher comme une chatte », la réalité est souvent bien différente. Chez les chats de race, les complications font partie du quotidien des éleveurs, nécessitant des interventions urgentes et possiblement une césarienne, parfois de nuit.
Avez-vous vraiment considéré l’aspect financier ?
En voyant le prix d’un chaton de race, plusieurs personnes croient à tort que faire une portée est rentable. En réalité, une reproduction responsable est très coûteuse.
Dès le départ, les tests de santé essentiels s’imposent (tests génétiques, sanguins, cardiologie, etc.). Impossible de les éviter si vous voulez faire les choses correctement.
À cela s’ajoute le service d’accouplement, qui équivaut souvent au prix d’un chaton, soit entre 1 500 $ et 3 000 $.
Et si une complication survient ? Une césarienne d’urgence peut facilement atteindre entre 2 500 $ et 6 000 $, sans aucune garantie de sauver les chatons.
Ensuite, chaque chaton engendre des frais : Premier vaccin, vermifuges, micropuce, examens vétérinaires ainsi que le deuxième vaccin et la stérilisation.
Aurez-vous le temps et les aptitudes nécessaires ?
Vivre avec une chatte qui aura désormais des chaleurs (miaulements intempestifs et marquages urinaires) qui perdurent de 7 à 10 jours et pouvant revenir toutes les deux semaines.
Peser, surveiller, intervenir. Parfois nourrir aux 2 heures, jour et nuit. Puis socialiser chaque chaton.
Trouver une famille responsable pour chaque chaton, organiser des visites, préparer un contrat légal et assumer la responsabilité légale des problèmes de santé pouvant survenir au cours de ses premières années de vie.
Nettoyer constamment, pendant quatre mois. En effet, les chatons doivent demeurer avec leur mère et leur fratrie jusqu’à 4 mois, et une portée, ça salit énormément !
Alors, juste pour le plaisir… avez-vous mesuré l’impact sur le bien-être animal ?
Vous pourriez, sans le vouloir, contribuer à la surpopulation féline. Les refuges sont déjà remplis de chats dits « de race » sans papiers. C’est pourquoi les éleveurs professionnels font tout dans les règles de l’art pour éviter de contribuer à cette surpopulation.
⚠️ Être éleveur, ce n’est pas improviser.
Derrière ce plaisir de voir naître des chatons se cachent des responsabilités bien réelles, des risques concrets et des décisions qui ont un impact direct sur la vie d’êtres vivants. Faire une portée ne devrait jamais être un simple caprice ou une curiosité passagère. Ça demande des connaissances approfondies, une préparation rigoureuse, du temps, des ressources financières importantes et un réel engagement envers le bien-être animal.
⚠️ L’élevage, ce n’est pas toujours rose.
Derrière l’image attendrissante des chatons nouveau-nés, se cachent parfois des réalités beaucoup plus difficiles : malformations congénitales, mortinaissances, complications graves ou pertes imprévues. La reproduction féline comporte des risques réels, parfois bouleversants, que tout futur éleveur doit être prêt à affronter.
Ces images rappellent qu’élever ne se limite pas aux beaux moments, c’est aussi porter la responsabilité de situations éprouvantes.
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Pour en apprendre davantage, nous vous invitons à consulter: http://www.uefq.org/devenireleveur












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